Ce qu'un skipper attend d'un équipier, avant même la cuisine et les quarts : savoir d'où vient le vent, nommer l'allure, et régler la voile qu'on lui confie. Du près au vent arrière, du génois au spi.
Faites tourner le bateau (glisser sur la figure ou curseur) et choisissez la voile d'avant : la figure montre l'allure, où se placent les voiles et comment les régler.
Tout part de là. À bord, les repères sont la girouette en tête de mât, les penons noués aux haubans, les rides sur l'eau, et au port les pavillons et les fumées. Prenez l'habitude de regarder le vent avant de toucher une écoute.
Vent réel, vent apparent. En avançant, le bateau fabrique son propre vent. Celui qu'on sent à bord, et que lisent les voiles, est le mélange des deux : le vent apparent. Au près, il remonte vers l'avant et forcit ; au portant, il recule et faiblit. D'où la surprise classique : on descend tranquillement au grand largue, on remonte au vent, et le bateau se couche.
Bâbord ou tribord amures : le côté d'où vient le vent. Vent sur la gauche, bâbord amures ; sur la droite, tribord amures. Quand deux voiliers se croisent, celui qui est tribord amures est prioritaire.
L'allure, c'est l'angle entre l'axe du bateau et le vent réel.
| Allure | Angle | Ce qu'on ressent |
|---|---|---|
| Vent debout | 0–40° | Zone morte : les voiles faseyent, le bateau s'arrête |
| Près | 40–55° | Gîte, vent apparent fort, le bateau tape dans la mer |
| Bon plein | 55–75° | Le meilleur compromis entre vitesse et cap |
| Travers | 75–105° | Souvent l'allure la plus rapide |
| Largue | 105–135° | Confortable, le bateau accélère et se redresse |
| Grand largue | 135–160° | Roulis, la bôme commence à menacer |
| Vent arrière | 160–180° | Risque d'empannage involontaire : retenue de bôme en place |
Lofer, c'est remonter vers le vent ; abattre, s'en écarter. Virer de bord, c'est changer d'amures en passant l'avant dans le vent ; empanner, en passant l'arrière. À l'empannage la bôme traverse tout le cockpit : on la contrôle à l'écoute, et on prévient tout le monde.
Plus on remonte au vent, plus on borde. Plus on abat, plus on choque.
Dans le doute, une méthode qui marche sur toutes les voiles : choquer jusqu'à ce que le guindant (le bord d'attaque) commence à faseyer, puis border juste assez pour que ça cesse. Une voile trop bordée ne faseye pas, elle freine sans prévenir ; c'est l'erreur la plus courante.
Des brins de laine ou de ruban collés de chaque côté du guindant, à trois hauteurs.
Le chariot sur lequel passe l'écoute règle la répartition entre le haut et le bas de la voile. Si les penons du haut décrochent avant ceux du bas, le haut est trop ouvert : avancer le chariot. L'inverse : le reculer. Quand le vent monte, on le recule exprès pour ouvrir le haut et perdre de la puissance.
Au vent arrière, le génois se dévente derrière la grand-voile. On le passe en ciseaux, du côté opposé à la bôme, idéalement tenu par un tangon.
| Allure | Génois | Grand-voile | Chariot et hale-bas |
|---|---|---|---|
| Près | Bordé, à quelques centimètres des barres de flèche | Bordée, penon de chute qui flotte | Chariot au milieu, hale-bas mou |
| Travers | Choqué de moitié, point de tire avancé | Choquée, bôme au-dessus du liston | Chariot sous le vent, hale-bas repris |
| Largue | Bien choqué | Choquée jusqu'au faseyement, puis reprise | Hale-bas étarqué |
| Vent arrière | En ciseaux ou tangonné | Choquée en grand, retenue de bôme | Hale-bas étarqué |
La garde-robe d'un croiseur. Les plages sont indicatives : chaque bateau, et chaque voilier, a les siennes.
| Voile | Allure (vent réel) | Vent | Particularité |
|---|---|---|---|
| Génois | Près → grand largue | 0–20 nd | Recouvre le mât ; sur enrouleur, se réduit en roulant |
| Foc, solent | Près → travers | 10–25 nd | Plus petit, ne recouvre pas le mât, meilleur cap dans la brise |
| Trinquette | Près → travers | 20–35 nd | Sur un étai intérieur, souvent largable ; recentre la voilure |
| Tourmentin | Toutes | 35 nd et plus | Petite toile très renforcée, de couleur vive |
| Code 0 | 55–110° | 0–12 nd | Très plat, sur emmagasineur anti-torsion |
| Gennaker | 75–140° | 4–16 nd | Entre génois et spi : plat, guindant tendu, souvent sur emmagasineur |
| Spi asymétrique | 100–160° | 4–18 nd | Rond et creux comme un spi, amure réglable sur bout-dehors, sans tangon |
| Spi symétrique | 110–180° | 4–20 nd | Tangonné ; le seul vraiment à l'aise plein vent arrière |
Une vraie voile de portant : ronde et creuse comme un spi, mais avec un guindant et une chute qui ne s'échangent pas, et un point d'amure fixé sur un bout-dehors ou à l'étrave. Pas de tangon.
À ne pas confondre avec le spi asymétrique : le gennaker est une voile intermédiaire entre le génois et le spi, nettement plus plate, avec un guindant tendu qui travaille comme celui d'un génois. Il prend le relais du génois quand on débride, là où un spi serait encore trop serré.
Plus plat encore que le gennaker : presque un grand génois léger, pour le petit temps aux allures débridées, du près débridé au travers. Toujours sur emmagasineur anti-torsion, il se règle comme un génois. Sa limite de vent est basse : on le roule dès qu'on s'en approche.
On prend un ris la première fois qu'on y pense.